Une attaque qui ne laisse aucune échappatoire
En janvier 2026, HAFA est frappée par une cyberattaque que son directeur général, Adrien Oberthur, décrit comme une véritable « paralysie totale des systèmes ». Contrairement à des incidents localisés qui ne touchent qu’une partie du système d’information, cette attaque a mis à l’arrêt l’ensemble de l’outil informatique de l’entreprise.
L’élément le plus révélateur de ce dossier n’est pas tant la sophistication de l’attaque que sa conséquence directe : l’absence de sauvegarde fonctionnelle. Au moment de l’incident, l’entreprise découvre qu’elle ne dispose d’aucun backup exploitable pour restaurer rapidement ses données et ses systèmes. Ce constat, malheureusement fréquent chez les PME françaises, transforme une attaque informatique en une crise opérationnelle majeure.

Trois semaines d’interruption d’activité
Faute de sauvegarde mobilisable, HAFA se retrouve dans l’incapacité de reprendre une activité normale pendant près de trois semaines. Pour une entreprise de fournitures industrielles, dont les clients dépendent d’une chaîne d’approvisionnement fiable, une telle interruption a des répercussions en cascade : commandes non honorées, retards de livraison, perte de confiance de certains clients, et un coût de remise en état qui s’ajoute au manque à gagner direct.

Le vrai sujet : la sauvegarde, angle mort de la cybersécurité en PME
Ce cas met en lumière un point souvent sous-estimé par les dirigeants de PME : disposer d’un antivirus ou d’un pare-feu ne suffit pas si l’entreprise n’a pas, en parallèle, une politique de sauvegarde robuste, régulièrement testée et surtout déconnectée du réseau principal. De nombreuses entreprises pensent disposer de sauvegardes fonctionnelles, jusqu’au jour où elles doivent s’en servir en urgence — et découvrent qu’elles ne le sont pas, ou plus.
C’est précisément ce type de défaillance, invisible en temps normal, qui transforme une cyberattaque « gérable » en crise existentielle pour l’entreprise. Sans sauvegarde exploitable, il ne reste généralement que deux options : reconstruire l’intégralité du système d’information à partir de rien, ou négocier avec les cybercriminels pour obtenir une clé de déchiffrement — une option risquée et qui n’offre aucune garantie.

Le décalage entre le risque réel et le budget cybersécurité des PME
Le cas HAFA s’inscrit dans une tendance plus large observée en France : les PME allouent en moyenne un budget cybersécurité très inférieur au coût réel d’une attaque. Alors que le coût moyen d’une cyberattaque pour une PME française se chiffre en centaines de milliers d’euros, le budget annuel consacré à la protection numérique reste, dans de nombreuses entreprises, largement insuffisant au regard de ce risque.

Ce qu’il faut retenir
Le témoignage du dirigeant de HAFA a le mérite de la transparence : il ne s’agit pas d’un cas isolé ou d’une négligence extrême, mais d’une situation que beaucoup de PME françaises pourraient vivre demain si elles n’ont pas vérifié, concrètement, la fiabilité de leurs sauvegardes.

Deux réflexes s’imposent pour toute PME :
– Tester réellement ses sauvegardes, pas seulement vérifier qu’elles existent, mais s’assurer qu’elles permettent une restauration effective et rapide en cas d’incident.
– Anticiper l’impact financier d’un arrêt prolongé, via une assurance cyber qui couvre les pertes d’exploitation et finance l’expertise technique nécessaire à une reprise d’activité rapide — car dans une crise comme celle vécue par HAFA, chaque semaine d’arrêt supplémentaire pèse directement sur la survie de l’entreprise.

 

LE CONSEIL COVERALP
L’absence de sauvegarde fonctionnelle n’est pas seulement un risque opérationnel : c’est aussi un motif fréquent de refus d’indemnisation par les assureurs, si cette mesure figurait parmi les engagements pris à la souscription du contrat. Avant de signer ou de renouveler une police cyber, faites vérifier concrètement (et pas seulement sur le papier) que vos sauvegardes sont testées et restaurables : c’est aussi ce qui vous permettra d’obtenir de meilleures conditions tarifaires.

Sources : Info.fr, « Ransomware : pourquoi les PME françaises, première cible, investissent 17 fois moins que le coût d’une attaque », juillet 2026.

Vous êtes dirigeant d’une TPE ou PME et souhaitez mieux comprendre votre exposition au risque cyber ? N’attendez pas d’être face au mur pour faire le point.